Personnage en boîte

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Cette histoire de boite, dans l’œuvre de Jean-Paul Souvraz, est très intrigante. La boite est une continuité particulièrement humaine, elle se nomme berceau, puis cercueil, avec entre les deux tout simplement « la boite », celle qui identifie et qui sert de carte de visite et qui vous cerne un individu à sa stricte opérativité sociale.

Les personnages de Souvraz sont la plupart du temps sans contact avec le sol et Il semble qu’il y ai un rapport entre la boite et les bras des personnages : ceux qui sont dans des boites n’ont pas de bras contrairement à ceux qui n’y sont pas, ou qui sont simplement posés sur un socle, laissant penser à un rapport entre l’assignation sociale et la profondeur, très bien illustré par le militaire d’ « Hommage à Maryan » et par l’ «Infirmière ».

Ces boites, plus ou moins profondes allant même à n’être que des plateaux, Souvraz les équipe de roues et semble dire que l’on ne fuit pas simplement la lourdeur de la destinée forgée à coups de naissance, culture, désignation, interdictions et qui réduit la liberté au champ stricte de ce qui est octroyé. Cette toile « La longue marche » me fait penser aux auto-tamponneuses des foires populaires, qui vous donne le droit d’aller où vous voulez, comme vous le voulez dans le cadre très stricte et réglementé du circuit dont vous payez l’utilisation. Il faut de la témérité pour devenir l’Indien, celui qui, armé de plumes, sera le corbeau frondeur, perché sur le chapeau de l’épouvantail, dont il percera le visage et le corps pour en extraire la sève de paille qui lui servira de litière.

Souvraz est un frondeur silencieux armé de colle et de pigment qui lui rappellent l’Italie et ses fresques bavardes. Dans le calme de son atelier, boite immobile aux murs transparents de souvenir, de pensées, Souvraz se parle et nous montre.