Hommage à Maryan

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. Sont-ils nés dans ces boites les personnages de Souvraz, en changent-ils ? Il faut voir ces boites comme une métaphore de la condition culturelle, de la standardisation du comportement, de la complaisance à l’aliénation, du goût pour la solitude, pour l’isolement, pour la cérébralisation. Ces boites sont une sécurité et un abandon, elles limitent l’effroi à l’acceptation du quotidien.

Dans l’œuvre « Hommage à Maryan », Jean-Paul Souvraz reprend en citation une œuvre de ce peintre, qui lui est si important et que M. Gorgô me dit avoir découvert lors de ses premiers intérêts pour la peinture. Maryan est polonais de naissance et américain de décès, il vécu de 1927 à 1977. Est-ce de lui que vient cette image de la boite que Souvraz met sur roulette, comme pour prétendre à une évolution ou, du moins, à une interprétation ?

Souvraz, dans cette variation, outre la qualité quasi textile des fonds, que Maryan réduit à l’aplat, plante une tête d’oiseau laissant penser cette caisse à être le cheval à bascule que, peut-être il reçut, enfant, en cadeau de sagesse ou d’abandon. Reste cet uniforme, autre forme de caisse, prototype de celle en sapin qui couvre si bien la dépouille de l’esprit envolé et qui justifie les bras abandonnés, réduits au silence du « gardeàvous ».

Le corps de l’oiseau, celui qui par ses ailes et ses plumes sait si bien voler et dire à l’ennui que la vie est si belle, n’est plus qu’un bâton porteur d’un trophée, mascotte silencieuse enfin calme et docile, enfin réifié, mais fierté de celui qui en son nom se tait.
Souvraz bout d’une colère tranquille.