L’oiseau de mauvais augure

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Ces maracas, plaisantes images de testicules agités d’une emmanchée phallique, que nous propose Catherine WOLFF, ont rythmé nos vies et les bouleversent encore.

Au début, elles n’annonçaient que le déclin d’une population qui, pour en être la première à en goûter l’horreur, faisait sourire ceux qui, en voyant disparaître et souffrir ses membres, se croyaient immunisés par la grâce de Dieu et de la Morale.

Puis vint que cette petite musique, pareille au Boléro, si lointaine au début, devint de plus en plus présente aux oreilles les plus bouchées à la certitude de l’évidence.

Le macabre et grêle chant des maracas se hissa au sommet des Hit-Parades, bousculant les idoles, effaçant ceux que beaucoup voyaient disparaître, avant de sombrer eux-mêmes, bien que femmes, bien qu’hommes, bien que biens comme ils croyaient l’être, contrairement à ceux qu’ils voyaient mourir, qui sans le mériter l’avez sans donc bien cherché.

Les maracas ne reprenaient pas simplement le chant si proche d’une pluie drue, que fait en tombant les âmes arrachées à la vie, elles s’agitaient pour exciter la méfiance de l’autre, celui dont on ne connait pas la vie, celui qui n’est pas soi.

Les maracas ne se sont pas tues. Elles ont été rejointes par d’autres instruments qui se jouent en de lugubres fêtes, auxquelles participer ne se fait que masqué et où les corps ne se touchent qu’en pensée, de loin, dans le silence de l’absence commandée.