Conter florette

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En 1400, en pleine guerre de cent ans, ça avait du sens de compter florette pour conter son éventuelle absence et constater sa misère, ou, plus rarement, son abondance. Maintenant on se contente de conter fleurette en arrachant les pétales des marguerites, en espérant tomber sur un truc positif, histoire de faire croire à l’autre que les dés sont jetés et que passer à la casserole est une évidence botanique….

Bien que la casserole on risque de se la prendre là où il faut !

Catherine WOLFF nous a habitué aux citations. Dans cette œuvre, où sur un sable étale, se conte une histoire paysagée de pensées, d’angelot et de licorne, il est difficile de ne pas penser à Gauguin. Est-ce lui qui susurre, dans l’oreille attentive, une somnolence propice à la pensée nuagère. Il se dit, il s’entend. Comme après une tempête, la lassitude des corps rend l’écoute et le dire songeurs.

Est-ce cette presse, ce terrible moment qui précéda la torpeur, ouvreuse des portes du premier sommeil, que WOLFF dessine, en une graphie qui plonge dans un vocabulaire de grimoire, pour illustrer les affres maintenant dissipées ?

C’est une œuvre d’une tranquille apparence où le rose, fade comme le lever du jour, joue avec le noir profond d’une expiration. Là-haut, tout est à l’engourdissement, en bas, tout est fuite, course, bousculades, galops, tumulte.

Catherine WOLFF peint comme elle pense, en relief, en rebonds, en contrastes. Elle va droit à un but, celui de la description où le détail noie la certitude en une éventuelle possibilité.